Bibliothèque Centrale de l’Université Cheikh Anta Diop
Présentée au public en 2009 au Musée du Quai Branly, l’exposition vient maintenant s’installer sur la terre des origines : le Sénégal. En effet Alioune Diop, né en 1910, fondateur de Présence africaine, homme politique, fédérateur brillant des courants de pensée qui marquèrent l’histoire des peuples noirs, rassembleur dévoué et influent des artistes et écrivains de son temps, fut un enfant de Saint-Louis. Alioune Diop fonde la revue Présence Africaine en 1947 à Paris, la maison d’édition éponyme en 1949 et ouvre la librairie rue des écoles en 1962. Il inscrit au fronton du premier numéro de la revue un proverbe toucouleur : Niam n’goura (…) littéralement, « Mange pour que tu vives », et fi xe d’emblée les objectifs humanistes et militants de Présence Africaine, laquelle ne se placera « sous l’obédience d’aucune idéologie philosophique et politique » tout en veillant à respecter la charte antiraciste et anticolonialiste de ses fondateurs. Alioune Diop réunit en congrès en 1956 à la Sorbonne des écrivains et des artistes noirs internationaux engagés dans le combat de la décolonisation et de la reconnaissance des cultures africaines et, sur le sol du Sénégal indépendant, organise en 1966 avec Léopold Sédar Senghor le premier Festival mondial des Arts Nègres. L’exposition, distribuée en quatre grandes sections, déroule l’histoire littéraire, artistique et politique des intellectuels noirs d’une grande partie du XXe siècle. Les visiteurs peuvent ainsi découvrir des ouvrages, des archives sonores et visuelles et des objets qui retracent l’émergence des paroles militantes et poétiques de « ceux qui ont tant porté la souffrance qu’ils ne peuvent qu’être solidaires de tous les hommes de justice et de paix dans les contextes difficiles des colonisations, de la ségrégation ou de l’apartheid ».






