Quand l'ami Y'a Bon prend visage humain
QUAND L'AMI Y'A BON PREND VISAGE HUMAIN
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Par Pascale Ratovonony, commissaire, critique et doctorante en histoire de l’art

« Mais je déchirerai les rires banania sur tous les murs de France » écrit Senghor dans le poème liminaire d’Hosties noires (1939-45). Ainsi est posé le problème des arts plastiques au défi de la décolonisation : par quoi remplacer la puissante imagerie coloniale, une fois qu’elle a été détruite ? Une question qui se pose aussi bien aux artistes français qu’aux artistes africains. De fait, les Beaux-arts semblent être restés étonnamment en marge de la décolonisation de l’Afrique noire francophone, à l’inverse de la poésie, de la philosophie, de la littérature. Ni oeuvre d’art, ni photographie n’ont servi de bannière aux luttes pour l’indépendance. Pour comprendre ce paradoxe, il faut regarder la manière dont politiciens, artistes et anthropologues, ont, de Senghor à Lévi-Strauss, mêlé les enjeux de la politique et ceux de l’art. En contrepoint de cette théorie politique de l’art parfois ambiguë, comment les artistes ont-ils pris une part importante dans l’évolution des consciences ?

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