A l’occasion de la Biennale, la galerie le Manège invite pour la première fois un artiste sénégalais et un artiste africain d’une autre nationalité à confronter leurs oeuvres et leurs visions du monde. Et quel duo que ce dialogue entre Soly Cissé (Sénégal) et Barthélémy Toguo (Cameroun) !
Jamais deux artistes de cette envergure n’ont eu carte blanche en Afrique pour développer un projet commun, à l’adresse de leurs compatriotes. Inédit, avec un grand I. Telle est bien l’initiale des thèmes explorés par les artistes (Immigration pour l’un, Inondations pour l’autre) au travers d’installations et de dispositifs d’exposition qui nous donnent une véritable leçon de scénographie. Une dizaine d’installations monumentales à l’esthétique troublante, produites par l’Institut, investiront et transformeront l’espace du Manège.
Ces oeuvres reflètent l’engagement des deux artistes pour des problématiques sensibles sur le continent. Pour porter ce projet, un livredvd sera développé par la maison d’édition a.p.r.e.s production et diffusé à l’international dès la rentrée 2010. www.apres-production.com
L’exposition présente jusqu’au 30 juin des vidéos, photographies, peintures, dessins et installations (pour la plupart produites pour l’occasion).
Barthélémy Toguo
Né en 1967 au Cameroun,
Barthélémy Toguo vit et travaille
aujourd’hui entre Paris
et Bandjoun au Cameroun.
Formé à l’école des Beauxarts
d’Abidjan, Toguo explore
tour à tour la sculpture,
l’aquarelle, la photo, la vidéo,
et enfi n la performance.
L’humour, ainsi qu’une
certaine forme de provocation
prennent toujours place
dans ses oeuvres.
En effet,
Toguo est un artiste engagé
dont le travail possède une
incontestable dimension politique.
Récemment, l’artiste
s’est tourné vers le domaine
du théâtre et de la mise
en scène de l’espace. Pour
Toguo, nous sommes tous
des acteurs, chacun jouant
un rôle préétabli dans la
société, ses installations
n’étant qu’un refl et de la vie,
son travail étant la vie.
Soly Cissé
Né à Dakar en 1969, Soly
Cissé est à la fois peintre,
sculpteur, scénographe et
photographe. Il sort major
de l’École Nationale des
Beaux-arts de Dakar en 1996,
avant d’exposer à travers
le monde. Peintures de
personnages mi-hommes,
mi-animaux, sculptures
totems, arbres imaginaires
aux couleurs vives, séries
de dessins en noir et blanc
dans un univers mythique et
mystique sont au coeur de
son travail, effaçant ainsi les
frontières entre le monde réel
et l’imaginaire.
Le travail de
Soly, campé dans la solidité
du trait et de la fi gure, impose
une présence massive
et inquiétante comme une
menace, une accusation
des laissés pour compte à
l’encontre de l’ordre mondial
qui les écrase.






